26 août 1885, le dernier voyage de l'amiral Courbet de Hyères à Abbeville

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Circonstances de l’événement

Amédée-Anatole-Prosper Courbet, officier de marine français, est né le 26 juin 1827 à Abbeville et mort le 11 juin 1885 à Makung aux îles Pescadores. A la fin d'une carrière commencée en 1849, Courbet prend part de façon décisive à la campagne des îles Pescadores, fin mars 1885. il est dès lors considéré en métropole comme un héros national. Rongé depuis deux ans par le choléra , ses forces diminuent. Le 11 juin, l'agonie commence ; le soir à 21 h 30, le docteur Doué annonce son décès. Il est mort à bord du Bayard, son navire. Du simple matelot à ses officiers, tous s'inclinent devant sa dépouille. Celle-ci est déposée dans un cercueil de plomb, un de chêne, un troisième en zinc et le dernier en teck et est ramenée en France à bord du Bayard. Le 24 juillet 1885, le navire mouille aux Seychelles et le 13 août à Port-Saïd. Un temps prévu pour être débarqués à Toulon, les restes de l'amiral sont débarqués aux Salins d'Hyères. Après une cérémonie sur place, le cercueil est déposé dans un train spécial à destination de Paris.

Voici quelques extraits de communiqués de presse relatifs au voyage de ce train.


  • Toulon, 23 août.

Nous recevons de notre correspondant particulier la dépêche suivante : Le débarquement du corps de l’amiral Courbet aura lieu mercredi prochain. Le canot portant le cercueil quittera le Bayard de façon à arriver à Salins à neuf heures et demie du matin. Il sera reçu par le préfet maritime et les autorités présentes. Le train spécial emportant la dépouille mortelle, qui sera escorté, par des officiers et quatre-vingts marins, partira pour Paris à une heure de l’après-midi; il ne s’arrêtera qu’à Avignon et Laroche.

Journal "L'intransigeant" du 25-8-1885 (Collection BNF Gallica)


  • Le débarquement aura lieu dans le port Pothuau, aux Salins, où un appareil dé levage a été installé pour hisser le cercueil sur le char funéraire. Quand le corps sera â deux cents mètres du Bayard,, celui-ci tirera un salut de dix-neuf coups de canon. Â terre la dépouille mortelle de Courbet sera reçue par l’amiral Krantz ; les compagnies de débarquement présenteront les armes, les tambours battront aux champs, les musiques joueront la Marche funèbre de Chopin. On se dirigera ensuite sur la gare, qui est à cinq-cents mètres du port des Salins, et le corps sera embarqué dans le train spécial qui doit le conduire à Paris. Prendront place dans le train : la délégation envoyée par le ministre, le commandant Parrayon du Bayard, l’état-major et les anciens aides de camp de l’amiral Courbet, un détachement de soixante-quatre hommes du Bayard, et une députation des diverses spécialités de l’équipage. Au départ du train, le Colbert saluera de dix-neuf coups de canon. Tout est réglé de façon que la cérémonie soit complètement terminée â dix heures. Les marins regagneront le bord, et un détachement de là Couronne fera le service d’honneur auprès du cercueil jusqu’au départ du train, qui est fixé à une heure trente-cinq. Le train spécial rejoindra la ligne à Rognac, contournant Toulon et Marseille, et arrivera à Paris jeudi, vers dix heures et demie.

Journal "L'intransigeant" du 27-8-1885 (Collection BNF Gallica)


  • Lyon, 27 août.

Le train spécial dans lequel se trouvent les restes de l'amiral Courbet arriva à Lyon a une heure vingt minutes. Une foule énorme stationne sur le quai de la gare. Plusieurs couronnes sont placées dans le fourgon. A été particulièrement remarquée celle envoyée par la rédaction du Nouvelliste de Lyon. Elle mesure un métre vingt de diamètre, et est en immortelles, garnie de crêpe et ornée d'un nœud mauve.


Journal "Le Gaulois" du 27-8-1885 (Collection BNF Gallica)


A la gare. La gare est située à trois ou quatre cents mètres du rivage. La tète du cortège y arrive à neuf heures. L'amiral Krantz y attend le corps: il porte en sautoir le grand cordon de la Légion d'honneur, et il est entouré des délégués des ministres, des amiraux Boissouty et Beau ce dernier commandait la Triomphante à Fou-Tcheou, du général Lonclas. du préfet du Var, de M. Maurel, député, et du maire d'Hyères. Une foule nombreuse avait envahi l'enceinte de la gare. Le char s'est avancé vis-à-vis du fourgon qui doit importer le corps. C'est le fourgon ordinaire sans aucun ornement. Le char funèbre s'est placé devant le fourgon et l'amiral Krantz s'avançant, a prononcé un discours dans lequel il a retrace la brillante carrière du défunt. Le général Lonclas a pris ensuite la parole et en quelques paroles a rendu hommage, au nom de l'armée de terre, au glorieux amiral. Le maire d'Hyères a salué la dépouille de l'amiral au nom de la population du littoral. L'amiral Krantz a alors présenté au général et au maire le commandant Parrayon et M. Maigret, chef d'état-major de l'amiral Courbet, en leur disant: Voilà ceux qui représentent notre glorieuse escadre. A dix heures, le cercueil était déposé dans le fourgon et le train s'ébranlait a une heure trente-cinq. Il arrivera à Paris demain vers onze heures.

En route pour Paris.

Avignon, 26 août. Une manifestation très sympathique en faveur de l'amiral Courbet a eu lieu à l'arrivée du train spécial. Le commandant Parrayon a répondu aux allocutions patriotiques du général Courty, du préfet, de la municipalité, de la délégation du conseil général et du conseil municipal. Les officiers de la garnison étaient tous présents ils ont déposé des couronnes. Une autre couronne a été offerte par souscription populaire. ; Des mesures énergiques avaient été prises pour empêcher l'encombrement sur la voie ferrée; elles ont amené une protestation à la sortie du préfet.

- A Paris. Le cercueil contenant les restes de l'amiral Courbet arrivera ce matin; le train entrera en gare à dix heurs et demie. Aucune cérémonie n'aura lieu à ce moment. Le cercueil sera aussitôt retiré du wagon et transporté dans un fourgon l'église des Invalides où il sera déposé dans la chapelle du Saint-Sépulcre, transformée en chapelle ardente. Les quatres-vingts marins qui ont fait le voyage de Toulon Paris ne suivront pas le fourgon dans son trajet de la gare aux Invalides; un déjeuner sera préparé pour eux à la gare, et ce n'est qu'après, vers midi, qu'ils iront à l'église.

Journal "Le Matin" du 27-8-1885 (Collection BNF Gallica)


  • L'amiral Krantz portant portant le cordon de la Légion d'honneur, attendait à l'entrée du quai de débarquement à la gare, entouré de sont état-major, des amiraux Beau et Boissouty, du général Lonclas, du préfet du Var et M. Maurel, député. Au moment où le cercueil est arrivé sur le quai, les troupes ont rendu les honneurs militaires. Le char funèbre s'est placé devant le fourgon et l'amiral Krantz a prononcé un discours.... A dix heures, le cercueil est parti dans le fourgon.

Journal "L'intransigeant" du 28-8-1885 (Collection BNF Gallica)


- A LA GARE DE LYON Sur le quai d'arrivée, nous voyons l'amiral Galiber, vêtu eh civil M. le capitaine de frégate Maréchal, aide de camp du ministre, et M. le capitaine d'artillerie Josse, officier d'ordonnance. Ces deux officiers sont en uniforme. Nous remarquons aussi M. Regnoul, chef de gare toujours courtois et prévenant M. Gragnon, préfet de police; M. Caubet, chef de la police municipale une douzaine de personnes étrangères à l'administration et quelques représentants de la presse. Quatorze hommes d'équipe, gantés de blanc, se tiennent prêts à opérer le transport du cercueil. Sur le terre-plein qui domine le quai de l'arrivée stationne la voiture-fourgon n° 25 des pompes funèbres, attelée de deux chevaux noirs et conduite par le cocher Toupance; non-loin d'elle, une voiture verte attend les couronnes.

- ARRIVÉE DU TRAIN A 10 h. 45, le train entre en gare et l'on voit apparaître aux portières la figure bronzée et fatiguée des braves marins, coiffés d'un large chapeau blanc, orné d'un ruban noir, sur lequel est imprimé en lettres dorées le Bayard. Le convoi se compose de deux fourgons ordinaires à bagages, d'un wagon-salon, de trois voitures de 2e classe et de deux fourgons, l'un portant le n° 7,539 (sur lequel on lit, à la craie, ces mots Cercueil de l'amiral Courbet), l'autre portant le n° 17 À, qui renferme les couronnes. Le premier qui descend de wagon est le capitaine de vaisseau de Maigret; il est vêtu en civil et porte sous le bras un grand portefeuille noir. Il s'avance, très ému, vers l'amiral Galiber et l'embrasse avec effusion le ministre ne peut retenir ses larmes. Nous voyons ensuite descendre M. l'abbé Rogel, aumônier du Bayard, entouré du respect et de l'affection de tout l'équipage le brave officier Parrayon, commandant du Bayard, coiffé du casque en liège. Au commandement de "Tout le monde dehors!" les marins sautent sur le quai. L'émotion est générale à la vue de ces visages basanés, ridés par la fatigue et je vois des larmes sourdre au coin de toutes lés paupières.

- LE WAGON MORTUAIRE. Le wagon qui renferme le cercueil est détaché du train, et on le conduit vers le quai spécial, où attend la voiture des pompes funèbres, qui doit le conduire aux Invalides. Les marins mettent sac au dos et se rangent autour du wagon, près duquel se placent MM. l'amiral Galiber, Gragnon, Caubet, Courbet-Poulard et un cousin du défunt. Les deux portes du wagon sont ouvertes par le ministre de la marine, qui entre le premier, suivi du préfet de police et de M. l'abbé Rogel. Avant de débarquer le cercueil, on retire, une demi-douzaine de magnifiques couronnes, offertes par les populations françaises des villes où le Bayard s'est arrêté, et la couronne de feuillages, offerte par l'escadre de l'Extrême-Orient. Tandis que les matelots présentent les armes, tout le monde se découvre le cercueil, recouvert d'une toile bleu foncé et reposant sur une grande planche capitonnée, est retiré du wagon par les hommes d'équipe et porté dans le fourgon.


Journal "Le Gaulois" du 27-8-1885 (Collection BNF Gallica) [[1]].



- A Paris. Le train spécial ramenant à Paris les restes de l'amiral Courbet est arrivé hier matin à la gare de Lyon. Annoncé pour dix heures et demie, te train a subi quelques minutes de retard; il n'entrait en gare qu'à dix heures quarante. fil. le vice-amiral Galiber, ministre de la marine, en civil, arrivait l'un des premiers, ainsi que M. Gragnon, préfet de police, et M. Caubet, chef de la police municipale. On remarquait également parmi les personnes qui attendaient le train funèbre MM. le capitaine Josse, officier d'ordonnance du ministre de la narine, le commandant Communal, le capitaine de frégate Melchior, Naudin, chef de division à la préfecture de police, et les parents des officiers du Boyard qui accompagnaient le corps de l'amiral Courbet à Paris. Au dehors, la foule était assez nombreuse. Dans des groupes, toutes les conversations roulaient sur l'amiral, ainsi que sur les hauts faits de la campagne de Chine. A dix heures trente-cinq le train est signalé de Charenton, et cinq minutes plus tard la cloche électrique de la gare de Lyon annonce son entrée en gare. Avant que la locomotive n'ait stoppé, on apercevait déjà, aux portières des wagons, les figures bronzées des braves marins qui composent le détachement venu des Salins d'Hyères; ils sont coiffés d'un large chapeau blanc entouré d'un ruban noir sur lequel on lit, en lettres dorées le Bayard. Presque tous portent la barbe; ils ont l'air assez fatigué.

- Une scène touchante. A peine le train est-il complètement arrêté qu'une portière d'un compartiment de première classe s'ouvre et le capitaine de vaisseau de Meigret, premier aide de camp de l'amiral Courbet met pied à terre. Cet officier est en civil et porte sous le bras un grand portefeuille noir. M. le commandant de Meigret va droit à l'amiral Galiber, dont il est l'ami, et les deux braves officiers s'étreignent avec effusion, ayant peine à retenir les dont leurs yeux sont noyés. Cette scène touchante, on le comprend aisément, émeut profondément toutes les personnes présentes. M. le commandant Parrayon,commandant du Boyard, coiffé du casque en liège, M. le capitaine de frégate Forest, deuxième aide de camp du défunt, et le colonel Courbet-Poulard, viennent à leur tour saluer le ministre de la marine et serrer les mains de leurs parents et émis qui sont tendues vers eux. M. l'enseigne de vaisseau Habert commande «Tout le monde dehors! » et les quatre-vingt-dix marins quittent le wagon, bouclent le sac sur leurs épaules et se forment en rang sur le quai.

- Le fourgon. Le fourgon noir contenant les restes de l'amiral était place au milieu du train sur l'une des parois on pouvait lire, écrit à la craie, le mot cercueil. Ce wagon fut aussitôt poussé vers le quai de débarquement où stationnait une voiture-fourgon des pompes funèbres, entourée de douze hommes d'équipe en grande tenue et gants blancs. Une autre voiture est à côté, destinée recevoir les couronnes. Les scellés apposés sur le fourgon sont brisés par l'amiral Galiber, en présence du préfet de police, de M. Caubet et de M. Copain, commissaire spécial de la gare de Lyon, qui procède aux constatations d'usage. Les deux portes du wagon glissent alors dans leurs rainures, et le ministre de la marine pénètre le premier dans le fourgon, la tète découverte, suivi de M. Gragnon et de l'aumônier du Bayard qui a assisté aux derniers moment de l'amiral.

Journal "Le Matin" du 28-8-1885 (Collection BNF Gallica)


  • convoi mortuaire

Le train qui a amené à Paris la dépouille mortelle de l’amiral était dirigé par un inspecteur. 11 se composait d’un wagon-salon, d(une voiture de première classe pour les officiers, de deux voitures de deuxième classe pour les marins, et de deux fourgons,l’un pour le cercueil, l'autre pour les bagages. Celui qui avait la dépouille mortelle de Courbet ne portait, aucun emblème extérieur, rien que les mots "Cercueil de l’amiral Courbet" au crayon blanc. Le fourgon aux bagages contenait quatre-vingts colis de toute grandeur appartenant à la, succession de l’amiral. Le capitaine de vaisseau Parrayon du Bayard, qui a la mission d’amener le corps à Paris, était en petite tenue, veston de service. C’est lui qui a répondu aux diverses allocutions qui ont été prononcées sur le parcours. Il a pris place dans le wagon-salon avec le capitaine de vaisseau de Maigret, le capitaine de frégate Forest, le commissaire de l’escadre de Chine, M. Enet, tous de l’état-major de l’amiral. Et avec eux, le capitaine de vaisseau Communal, sous-chef d'état-major du ministre, l’aumônier du Bayard, le colonel Courber-Poulard et le capitaine de Pontevès de Sabran, du 1er hussards, qui accompagne son colonel. Une quinzaine d'officiers de marine de tous grades prennent place dans la voiture de première classe. L’équipage du Bayard était représenté par un détachement: ainsi composé: M. le lieutenant de vaisseau Bourjon du Lac, qui commanda la compagnie de débarquement de ce cuirassé pendant toute la campagne. M. le lieutenant de vaisseau Habert, secrétaire de l’amiral Courbet, trois seconds maîtres (sergents), parmi lesquels nous citerons : 1e second maître canonnier Morel, médaillé, Chevalier de la Légion d’honneur et du Cambodge; cité à l’ordre du jour après Bac-Ninh par le général de Négrier, a reçu trois blessures (une à la figure, une qui a traversé le cou, la troisième en pleine poitrine, à Ke-Lung, s’est distingué aux Pescadores ; Julande, second-maître de mousqueterie, qui, dans la retraite de Ke-Lung, le 5 août, a fait une chute et s’est égaré dans la brousse où il est resté douze heures entouré par les Chinois; Six quartiers-maîtres et soixante matelots de toutes spécialités ayant fait presque tous la campagne entière. Un détachement de douze gradés médaillés, parmi lesquels nous remarquons Rochedreux, le Du et Montfort, de l’équipage des embarcations qui ont torpillé les Chinois à Sheipoo, et Thoer, qui était à Fou-Tcheou sur un torpilleur. Citons aussi le Chinois Tsi, interprète, qui a fait en 1867 l’expédition de Corée avec l’amiral Roze, et est à bord du Bayard depuis le mois de juillet 1884. Tsi parle admirablement de français et a déjà passé plusieurs années à Paris. Il accompagne l’état-major de l’amiral à Abbeville.

- Les manifestations. Sur tout le parcours, jusqu'à la nuit, }es abords des gares ont été envahis par une foule qui se découvrait avec respect pendant le séjour du train. Partout on a acclamé les marins.

- A Brignoles, Le maire et le conseil municipal sont venus saluer le commandant Parrayon et déposer une couronne. Pas de discours. Quelques paroles et des poignées de mains seules ont été échangées.

- A Gardanne, Même incident. Au départ du train, la musique a joué a Marseillaise et on a tiré une salve de mousqueterie.

- A Aix. Une foule énorme garnissait les abords de la gare. On criait: Vive la marine! Gloire à Courbet! Vive la France. Le maire, le sous-préfet, des conseillers municipaux, une députation d’officiers de la garnison, attendaient le train. La ville d'Aix, le Petit-Marseillais, le cercle des officiers, ont envoyé de superbes couronnes.

- A Avignon. La manifestation a été vraiment imposante. A huit heures quinze, au moment où le train entrait en gare, une compagnie, du 58e, unp détachement des pontonniers a présenté les armes, les tambours, ont battu "aux champs". Le commandant Parrayon a répondu aux allocutions patriotiques du général Courty, du préfet, de la municipalité, de la délégation du conseil général et du conseil municipal. N’oublions pas de dire que la garnison d’Avignon, la commission départementale et la ville d’Avignon avaient apporté de splendides couronnes. Après un arrêt de trois-quarts d’heure, le train s’est remis en marche. Le 58e de ligne, les pontonniers portaient les armes, les officiers saluaient. dans le train officiers de marine et marins se sont découverts et le convoi funèbre a filé à toute vitesse sur Paris, derrière Je rapide. Le train est arrivé à l h. 30 en gare de Lyon. Par ordre ministériel, la consigne, des plus Rigoureuses, interdisait l’accès de la voie à toutes les personnes autres que les employés de service. Pendant l’arrêt du train, le commandant Parrayon est descendu et a passé quelques instants avec sa famille, spécialement autorisée à entrer dans la gare. Le train est reparti à 1 h. 41 sans aucun incident.

- A Paris. Les restes de l’amiral Courbet sont arrivés hier matin vers dix heures et demie à la gare de Lyon. Ils ont été reçus, sur le quai de la gare, par M. le ministre de la marine, par le commandant d’artillerie breveté Josse, son officier d’ordonnance, par M. Poubelle, préfet de la Seine, et par M. Caubet, chef de la police municipale. Personne autre n’était admis à pénétrer jusqu’au quai d’arrivée. Lorsque le train s’est arrêté, le capitaine de vaisseau de Maigret est descendu le premier de wagon et s’est jeté dans les bras du ministre de la marine, qui l’a embrassé avec effusion ; tous les deux avaient les larmes aux yeux. On à détaché du train le fourgon qui renfermait le cercueil, et on l’a conduit vers un quai spécial où l'attendait la voiture des pompes funèbres qui devait,1e conduire aux Invalides. Une vingtaine d’hommes d’équipe, eu tenue et gantés de blanc, étaient rangés autour de la voiture, prêts à opérer le transport. Lorsque le wagon mortuaire est arrivé près du quai, MM. le ministre de la marine, préfet de police set le chef de la police municipale sont allés, se placer à côté de la porte du wagon, les constatations d’usage devant être faites, comme l’exige la loi. Les marins sont venus à leur tour se placer des deux côtés de la voiture. Les deux portes du wagon ont été ouvertes par le ministre de la marine qui, le premier, est entré la tête découverte et suivi de M. le préfet de police, et de l’aumônier du Bayard. Le capitaine de là compagnie a fait présenter les armes, et douze marins ont retiré du wagon le cercueil, qui était recouvert de toile bleue foncée il reposait sur une grande planche capitonnée. Dix minutes, pendant lesquelles les assistants sont restés chapeau bas, ont suffi pour procéder à cette opération et le fourgon, attelé de deux magnifiques chevaux noirs, est parti, au petit trot. La voiture a traversé la cour de l’arrivée et a découché sur la place pour gagner la Seine et suivre les quais jusqu’à l’hôtel des Invalides.


Journal "L'intransigeant" du 29-8-1885 (Collection BNF Gallica)


Photos et cartes postales

Croquis et plans