4 février 1885, collision, gare Avignon

De WikiPLM
Révision datée du 7 mai 2018 à 09:16 par FanaPLM84 (discussion | contributions) (Circonstances de l’accident)
(diff) ← Version précédente | Voir la version actuelle (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à : navigation, rechercher

Circonstances de l’accident

  • L'accident d'Avignon.

Un accident de chemin de fer, qui eût pu avoir des conséquences très graves s'est produit, hier matin, dans la gare d'Avignon. Un train de luxe composé uniquement de wagons-salons et qui se rend trois fois par semaine de Calais à Nice, a pris en queue le train de marchandises n°2009, manœuvrant pour se garer. Le brouillard avait empêché le mécanicien du train de Calais d'apercevoir les signaux. Ce train a eu le devant de sa machine enlevé et deux wagons du train de marchandises ont été brisés; un de ces wagons a roulé du haut du talus brisant les fils télégraphiques. Quatre employés, G..., facteur; P..., conducteur chef; T...., mécanicien et L... chauffeur, ont été blessés, mais légèrement. Trois voyageurs ont aussi reçu des contusions sans gravité; ce sont: M. Casimir G..., rentier à Saint-Chamas; M. R...., commerçant à Marseille et Melle B.... L'artiste du Vaudeville. Le prince de Galles , qui se trouvait dans le train, n'a eu aucun mal. Une dépêche ultérieure annonce son arrivée à Cannes en parfaite santé. La voie n'a été déblayée que depuis trois heures. La machine brisée a été envoyée au dépôt d'Arles à onze heures. La circulation a pu être organisée, mais en imposant un retard de une heure à deux heures au rapide parti de Paris hier soir, sept heures treize minutes, au train omnibus parti d'Arles à six heures vingt-six du matin et à un troisième train omnibus parti de Montélimart, à cinq heures du matin. Enfin, le service de la voie a pu être complètement rétabli à midi et demi; le dernier train piloté a été l'express de Paris qui part à sept heures cinquante-cinq du soir et qui arrive ici à midi six.

Journal "LE RADICAL" n° du 7-2-1885 (Collection BNF Gallica)


  • Avignon, 4 février.

Ce matin, à sept heures et demi, le train rapide, à son entrée en gare d'Avignon, a tamponné un train de marchandises, dont plusieurs wagons ont été endommagés. Pas de blessés. Il n'y a qu'un retard du train rapide, dans lequel se trouvait le Prince de Galles.

Journal "L'intransigeant" n° du 6-2-1885 (Collection BNF Gallica)


  • P.-L.-M.

La Compagnie P.-L.-M., célèbre par les catastrophes qui se produisent périodiquement sur les lignes que l’État s’obstine à laisser entre ses mains inhabiles ou négligentes, fait de nouveau parler d'elle. Une dépêche d’Avignon, que l'intransigeant a reproduite hier, annonçait une rencontre entre le rapide et un train de marchandises. La dépêche officielle, et émanant des bureaux mêmes de la Compagnie, ajoutait qu’aucun des voyageurs n’avait été blessé et que les dégâts étaient insignifiants. Les détails que nous recevons aujourd’hui rectifient ces affirmations aussi intéressées que mensongères. Le train rapide a eu le devant de sa machine enlevé. Un fourgon et deux wagons du train de marchandises ont été brisés, un de ces wagons a roulé du haut du talus, brisant les fils télégraphiques. Quatre employés, MM. G....n, facteur, P......ni, conducteur-chef, T.......d, mécanicien, et L......t, chauffeur, ont été blessés, ainsi que trois voyageurs dont voici les noms : M. Casimir G......d, rentier à Saint-Chamas; M. R......d, commerçant , à Marseille; et Mlle B....s, artiste, de Paris. La voie n’a été déblayée que vers dix heures. La machine, brisée, a été relevée et envoyée au dépôt d’Arles, à onze heures. Le service de la voie n’a pu être complètement rétabli qu’à midi et demi. Cet accident sera, n’en doutez pas, le commencement d’une série. La Compagnie P.-L.-M. tiendra à honneur de conserver le surnom de Compagnie "Pour La Mort", qui lui a été donné, hélas à trop juste titre. Un autre accident ne se fera sans doute pas longtemps attendre. L’état pitoyable du matériel de la Compagnie P.-L.-M., l'insuffisance notoire de son personnel, mal payé et surchargé de besogne, la déplorable organisation do son service, la rapacité hideuse de ses administrateurs qui, pour ne pas réduire de quelques francs leurs scandaleux bénéfices, refusent d’adopter les nouveaux systèmes avertisseurs imaginés dans le but d’empêcher les rencontres de trains, sont, autant de causes qui permettent de prévoir, à brève échéance, de nouvelles et sanglantes catastrophes.


Journal "L'intransigeant" n° du 7-2-1885 (Collection BNF Gallica)

Photos et cartes postales

Croquis et plans