7 janvier 1882, accident, ligne Le Teil à Alais

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Circonstances de l’accident

  • Marseille, 7 janvier, soir.

Terrible accident de chemin de fer. Un terrible accident est arrivé hier soir sur la voie ferrée entre les gares de Robiac et de Gagnières. Le mécanicien d’un train de marchandises, traîné par deux machines, ayant vu le signal d’alarme, arrêta immédiatement, mais l’impulsion des wagons, sur une pente de 10 millimétrés, était tellement forte qu’il se produisit une réaction terrible: les deux machines se dressèrent l’une contre l’autre. Dix wagons ont été précipités de la hauteur de 18 mètres, dans une rivière. Le conducteur chef et le wagonier ont été retirés horriblement mutilés. Les dégâts sont énormes. Un train de voyageurs qui arrivait put heureusement être arrêté à temps, autrement on aurait eu à déplorer une centaine de victimes.

Journal "L'INTRANSIGEANT" du 12-1-1882 (Collection BNF_Gallica)

  • P.-L.-M.

L’actif de la trop célèbre Compagnie, qui compte déjà un nombre incommensurable d’accidents, d'écrasements et de désastres, vient encore de se grossir, comme nous l’a appris une dépêche, insérés dans notre numéro d’hier. Il y a quelques jours se produisait à Châlons-Viile un tamponnement entre le train de voyageurs n°65 et une machine en manœuvre. Ce tamponnement avait eu lieu à quelques mètres du canal, et c’est, par le plus singulier des hasards que train et machine n’aient été précipités dans la rivière. La Compagnie a voulu prendre sa revanche. Le saut plus que périlleux s’est produit. Au moment où le train de marchandises n° 1637 arrivait près du pont de la Cèze,remorqué par deux machines, le mécanicien trouva les signaux d’arrêt. Il stoppa immédiatement; mais, comme nous l’avons dit hier, on se trouvait en ce moment sur une pente de dix millimètres par mètre, et l’impulsion acquise occasionna un choc tel entre les wagons, qu’une chaîne d’attelage se rompit. Par suite, la queue du train subit un certain temps d’arrêt, puis, entraînée par son propre poids, reprit sa marche en avant et vint heurter violemment la tête du train, composé de douze wagons. Cette collision eut pour résultat d’accroitre immédiatement la vitesse des deux machines et dès dix voitures qui leur étaient restées attachées. On était arrivé au pont de la Cèze. Un déraillement se produisit et six wagons sur douze, plus les deux machines, furent précipités dans le vide. Un fracas épouvantable se fît entendre, et voitures et machines s’émiettèrent sur les rochers de la petite rivière. Quelques instants après, on se portait au secours des deux agents do la compagnie qui avaient été entraînés dans l’abîme. Comme nous l’avons également dit hier, ils étaient affreusement mutilés! Cela se comprend; peu après arrivait un train de voyageurs. Une catastrophe semblable celles de Versailles et de Charenton allait se produire. Heureusement, cet immense malheur put être évité. Des pétards, semés sur la voie, avertirent le conducteur, qui put s’arrêter. L’administration de P.-L.-M. refuse, suivant son habitude, de fournir des renseignements sur ce désastre. Ce sont là, déclare-t-elle, avec une impudence qu’il est impossible de caractériser, des affaires « particulières » à la Compagnie, qui n’intéressent en rien le public et dans lesquelles les journaux n’ont point à s’immiscer. C’est joli, et cela n’a pas besoin de commentaires.

Journal "L'INTRANSIGEANT" du 13-1-1882 (Collection BNF_Gallica)


  • ACCIDENT DE CHEMINS DE FER.

Huit wagons précipités dans la rivière. Un très grave accident est arrivé avant-hier soir, vers six heures, sur la ligne du chemin de fer, entre la gare de Robiac et celle de Gagnières (Gard). Un train de marchandises, remorqué par deux machines, descendait la pente rapide qui conduit au pont de la Cèze. lorsque le mécanicien aperçut tout à coup des signaux d'arrêt. Il stoppa immédiatement, et fit serrer les freins, mais l'impulsion acquise, sur une pente de dix millimètres par mètre occasionna un choc tel entre les wagons, qu'une chaîne d'attelage se rompit. Par suite, la queue du train subit un certain temps d'arrêt, puis, entraînée par son propre poids, reprit sa marche en avant et vint heurter violemment la tête du train, composé de douze wagons. Cette collision eut pour résultat d'accroître immédiatement la vitesse des deux machines et des dix voitures qui leur étaient restées attachées. On était arrivé au pont de la Cèze. Une déraillement se produisit et six wagons sur douze, plus les deux machines furent précipitées dans le vide. Un fracas épouvantable troubla alors les échos de ces lieux solitaires. Voitures et machines s'émiettaient sur les rochers de la petite rivière. Quelques instants après, on se portait au secours des deux agents de la compagnie qui avaient été entraînés dans l'abîme. Les dépêches particulières disent qu'ils sont horriblement mutilés; d'un autre côté, la Compagnie prétend que le mécanicien n'a qu'une rupture de la cuisse et que le wagonnier a été seulement contusionné. Malheureusement, une chute de dix-huit mètres au milieu de wagons se broyant les uns contre les autres fait craindre que les renseignements de la Compagnie ne soient pas d'une exactitude rigoureuse. Peu après, arrivait un train de voyageurs. On frémit quand on pense à l'épouvantable catastrophe qui aurait pu s'ensuivre qu'il n'avait pas été possible de lui signaler le danger par des pétards semés sur la voie. Enfin, cet immense malheur a pu être du moins évité..

Journal "LE RADICAL" du 13-1-1882 (Collection BNF_Gallica)

Photos et cartes postales

Croquis et plans